Global et Local

Vers une meilleure traçabilité de l’huile de palme durable

RFI/ Claire Fages

Une plantation de palmiers à huile de Serdang Bedagai, dans le nord de la province de Sumatra, en Indonésie. AFP

La campagne de Greenpeace contre Nestlé l’an dernier a porté ses fruits, les multinationales de l’agro-alimentaire occidentales se préoccupent désormais directement des conditions de culture du palmier à huile auprès de leurs fournisseurs.

Quelques semaines après la vidéo de Greenpeace où la barre chocolatée de Nestlé se transformait en doigts d’orangs outangs ensanglantés, la multinationale basée en Suisse avait stoppé ses approvisionnements auprès de Golden Agri-Resources, deuxième producteur mondial d’huile de palme.

Le groupe indonésien était accusé d’accélérer la déforestation de l’archipel et donc de détruire le logis des grands singes. Un an et demi plus tard, Nestlé a repris ses achats, depuis la mi-septembre ; Unilever a de son côté fait la même annonce à la mi-octobre. Entre temps, les géants de l’agro-alimentaire ont imposé un certain nombre de bonnes pratiques à leurs fournisseurs.

Nestlé est en particulier remonté à la source de ses approvisionnements, avec l’aide du Forest Trust, pour identifier précisément les flux depuis l’Indonésie jusqu’en Inde, en Chine et en Europe. Les plantations, cartographiées, ont été mises en demeure de respecter non seulement les critères du label RSPO, imposées depuis trois ans pour la certification « huile de palme durable », c’est-à-dire : le respect de la loi, des populations locales et des forêts primaires, mais aussi deux contraintes supplémentaires, sous l’œil vigilant de Greenpeace : le respect des tourbières et des forêts-réservoirs de CO2.

L’objectif final, c’est de constituer des zones géographiques homogènes d’approvisionnement en huile de palme durable pour pouvoir remplir des bateaux dont on sera sûr qu’ils ne contiendront que de l’huile de palme dont la culture aura respecté tous ces critères.

Car pour l’heure, les bateaux ne contenant que de l’huile de palme « durable » sont encore rarissimes : la production certifiée ne représente que 4 % de la production totale, elle vient de plantations très éparpillées, ce qui complique la collecte et le transport, d’où le paradoxe suivant : la moitié de cette production certifiée n’est pas valorisée comme telle. Par ailleurs peu de transformateurs, à part de gros fabricants de margarine, peuvent se permettre le surcoût d’une cargaison séparée, d’un stockage séparé, depuis la raffinerie jusqu’à l’usine.

C’est pourquoi les transformateurs, de plus en plus nombreux à vouloir le label d’huile de palme certifiée durable sur leur emballage, se contentent le plus souvent d’acheter des certificats sur la bourse en ligne GreenPalm ; à bon compte aujourd’hui puisque le certificat vaut 1 dollar 50 par tonne quand la tonne d’huile de palme vaut 1 000 dollars !

Une partie de cette obole est reversée aux planteurs, mais l’incitation est faible ! La bourse de certificats a peut-être montré ses limites, la traçabilité des approvisionnements pourrait prendre le relais, si les raffineurs s’y mettent.

Voir en ligne : http://www.rfi.fr/
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