Global et Local

Utopie communiste, style soviétique

La croix

Puisant dans les collections de l’agence Stass et de l’agence Novosti, un ouvrage ressuscite un monde disparu : l’URSS.

Révolution 100 ans d’octobre rouge,
Catherine Bertho Lavenir,
Éditions Macha 45 €, 140 pages

En Europe, le souvenir des 30 glorieuses alimente la nostalgie des classes moyennes. En Russie, on parle avec un même regret de l’Union soviétique, pas celle de Lénine ou de Staline, effacée des mémoires, mais celle de Nikita Khrouchtchev et surtout de Léonid Brejnev, caractérisée par une certaine amélioration du niveau de vie, l’accès à des biens de consommation ou encore le travail pour tous, à condition bien sûr de marcher dans les clous.

Dans un ouvrage richement illustré et commenté avec autant de rigueur que de concision, l’historienne Catherine Bertho Lavenir revient sur ce rêve communiste avant qu’il ne se fracasse de l’intérieur. Pour ce faire, elle décide d’explorer le « style soviétique » immortalisé par les médias d’État : l’architecture constructiviste, les affiches de propagande, la mode féminine des années 1980, la conquête de l’espace, les villes nouvelles sur la mer Noire, le rock russe…

« Il reflète la mémoire complexe de l’URSS, ce pays disparu »

Le style soviétique, c’est aussi un « mélange de décor partagé (…), une façon de s’habiller, en jouant, selon les époques, sur les normes du convenable et de l’élégant qui définissent la silhouette de la femme ou de l’homme soviétique », écrit-elle. Bien souvent, les biens de consommations européens sont copiés puis adaptés aux nécessités de l’économie planifiée, ce qui donne des objets robustes et durables, à défaut d’être toujours confortables.

Pour apporter le « bonheur » à tous ses membres, la société communiste voit les choses en grand, nous rappelle l’auteure, modelant les immenses espaces russes, quitte à recourir aux travaux forcés et à provoquer des désastres écologiques. Mais à côté de l’utopie magnifiée par les images de la propagande, demeure aussi la mémoire heureuse des familles, les excursions à la datcha, les souvenirs enfantins des pionniers.

« C’est cet ensemble contradictoire, fait de belles images et de bons souvenirs autant que de vérités dérangeantes, qui a nourri ce livre, précise l’auteure. Partiel, contradictoire, il reflète la mémoire complexe de l’URSS, ce pays disparu ».

Voir en ligne : http://www.la-croix.com/Monde/Utopi...
Les articles signalés ici procèdent du choix de la Rédaction. Nous vous recommandons de vous rendre sur les sites d'origine pour y consulter d'autres articles sur des thèmes approchants ou complémentaires et pour contracter des abonnements directs aux lettres éditées par nos sources.
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.