Global et Local

Opendata dans les collectvités locales : les enjeux économiques et de transparence

Localtis / Philippe Parmantier / EVS

Le lancement de portails de données publiques s’accélère. Le 30 septembre dernier, le conseil général de Saône-et-Loire ouvrait le sien en annonçant une libération de toutes ses données, d’autres institutions, telles le Sénat, à l’occasion des élections, ou la ville de Nantes cet été, ont ouvert ou fait des annonces de prochaine ouverture. Le mouvement de l’Opendata prend de l’ampleur sur fond d’enjeux économiques et sociétaux. Il accompagne la montée en puissance de l’internet mobile et des technologies du Web 2.0.

Avant d’aller nager à la piscine il suffit de vérifier sur son mobile le taux d’occupation en temps réel, et, lorsqu’on habite dans une grande agglomération, de choisir par exemple l’équipement le plus tranquille. Les applications mobiles d’information administrative ou relatives aux transports publics, à l’environnement … se multiplient.

Généralement issues des systèmes d’information des administrations publiques, elles utilisent tout type d’objet numérique, des tableaux, des cartes, des bases de données ou encore des jeux de données localisées. La multiplication d’outils de lecture ergonomiques, comme les smartphones ou les tablettes numériques, ont fortement élargi le champ d’information et d’action des usagers. Cette évolution de la technologie et des systèmes d’interfaces a joué un rôle d’accélérateur. Mais les données ouvertes comportent quelques restrictions : elles ne peuvent être nominatives, relever de la vie privée ou de contenus touchant à la sécurité nationale.

Plus d’une douzaine de collectivités territoriales ont lancé un portail présentant plusieurs dizaines de jeux de données réutilisables : la région Aquitaine, le conseil général de la Gironde et celui de la Saône-et-Loire. Du côté des villes, Rennes Métropole associée à Kéolis a été la première à ouvrir ses données en 2010. Elle a été suivie par Paris en janvier 2011, puis plus récemment par Montpellier et Bordeaux. Les villes de Nantes, de Brest, de Marseille et de Toulon devraient emboîter le pas prochainement.

Services numériques et démocratie

L’enjeu de la libération des données est souvent placé sur le versant économique. Selon Neeli Kroes, la commissaire en charge du Numérique, ce secteur est encore largement sous exploité alors qu’une estimation réalisée en 2006 (Measuring European Public Sector Information Ressource) estimait la taille basse du marché européen des données publiques à 26 milliards d’euros et à 47 milliards en hypothèse haute.

Le marché britannique analysé en 2008 est évalué de son côté à 8 milliards d’euros. Enfin, une étude, réalisée au Danemark en 2010 (Danish enterprise and constuction authority), fournit des indications concrètes sur l’impact économique de l’ouverture des données publiques. La libération d’un fichier national des noms et adresses, réalisée en 2002, aurait, selon l’étude d’impact menée en 2010, conduit à une baisse unitaire de production de la donnée de 80%.

Elle aurait contribué à la création de 48 entreprises avec 90 emplois à la clé, pour un bénéfice global financier de 62 millions d’euros (2005-2009) se répartissant entre le public pour 30% et le privé pour 70%. Ces informations fournissent des pistes mais ne constituent pas encore une démonstration de la viabilité du modèle économique d’ensemble ni des conditions dans lesquelles cette viabilité pourrait être assurée.

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Voir en ligne : http://www.localtis.info
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