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« La transition énergétique est porteuse d’optimisme »

entrepreneurs d’avenir

Avec Solairedirect, Thierry Lepercq voulait prouver que l’énergie solaire était financièrement viable. En 2015, il a revendu son entreprise à Engie, dont il est devenu directeur adjoint de la recherche et de l’innovation. Il regrette que la transition énergétique ne soit pas davantage abordée par les candidats à l’élection présidentielle : selon lui, elle est incroyablement porteuse d’avenir et d’enthousiasme.

En fondant Solairedirect en 2006, Thierry Lepercq voulait montrer que l’énergie solaire était financièrement viable. Une décennie plus tard, Engie a racheté l’opérateur pour consolider sa présence dans le secteur des énergies renouvelables. Aujourd’hui Thierry Lepercq est devenu directeur adjoint en charge de la Recherche & Technologie et de l’Innovation d’Engie. Parmi ses missions : développer les business models de l’avenir au sein d’Engie Fab, dont les nouveaux locaux ont été inaugurés fin février à Paris.

Entrepreneurs d’avenir – Vous avez participé au Parlement des Entrepreneurs d’avenir à Bordeaux en décembre 2016 et votre intervention a donné lieu à de vifs débats. Comment interprétez-vous cette défiance vis-à-vis d’un grand groupe comme Engie ?

Thierry Lepercq – En France, et plus largement en Europe, certains mouvements jugent que la croissance n’est bonne que si elle est réalisée dans certaines conditions et répond à certaines exigences. Mais comment peut-on imposer aux Africains et aux Indiens, par exemple, de renoncer à la croissance au motif qu’elle ne serait pas conforme à cette idéologie ? Je trouve ça inapproprié et contraire au raisonnement d’un entrepreneur. La meilleure manière d’améliorer le monde, c’est de promouvoir une énergie bon marché comme le solaire pour donner accès à la santé et à l’éducation. Le débat n’est donc pas pour ou contre la croissance, mais pour ou contre le développement et l’empowerment.

L’énergie solaire a-t-elle encore besoin de subventions ?

Il me semble que les énergies qui ont le plus besoin de subventions, aujourd’hui, ce sont les énergies conventionnelles car leurs coûts augmentent tandis que ceux des énergies renouvelables diminuent. Personnellement, je suis pour la fin des subventions pour toutes les énergies, à commencer par les renouvelables. De toute façon, l’énergie solaire n’a plus besoin de subventions : elle est la moins chère.

Si l’énergie solaire ne coûte pas cher, comment peut-elle attirer les investisseurs ?

300 milliards de dollars ont été investis dans le solaire l’année dernière, ce n’est pas rien ! L’énergie solaire représente déjà 75 GW, soit une augmentation de +30 % en un an, l’éolien venant juste derrière avec 56 GW. C’est un succès retentissant. Ceci dit, l’apparition des énergies renouvelables pose un défi aux systèmes électriques dans leur ensemble : comment peuvent-ils perdurer si les prix s’effondrent et que la production n’est pas stabilisée ? C’est un problème de market design. À Engie Fab, nous voulons faire tendre le système électrique vers une production décentralisée ultra-compétitive, en jouant sur la production, le stockage et la gestion de la demande.

Quelles ruptures technologiques peut-on attendre dans l’énergie solaire ?

À 30 euros le MWh, il n’y a pas vraiment besoin de ruptures technologiques. Ceci dit, Engie a investi dans Heliatek, une startup allemande spécialisée dans le film photovoltaïque organique, sans silicium mais à base de composés carbonés, qui peut être posé sur la surface des bâtiments. Elle a levé 80 millions d’euros il y a 6 mois, avec la promesse de multiplier par 3 les rendements des panneaux solaires. Voilà un bon exemple de progrès technologique.

Les enjeux énergétiques sont particulièrement absents de la campagne électorale. Qu’auriez-vous envie de dire aux candidats ?

Je voudrais leur dire que la transition énergétique est incroyablement porteuse d’optimisme et d’avenir ! Avec notre filiale Tractebel, nous avons par exemple modélisé la mobilité à Bruxelles en 2030, sur la base de 100 % de véhicules électriques à hydrogène autonomes partagés. Conclusion : le nombre de véhicules en circulation est réduit de 90 %, la durée moyenne des trajets entre banlieue et centre-ville passe de 40 à 22 minutes, et le coût moyen d’un voyage point à point est divisé par 6. Voilà une amélioration très concrète de la vie des gens, et dans ce domaine, la France bouillonne de créativité et d’initiatives. Il faut soutenir ce bouillonnement !

Voir en ligne : http://www.entrepreneursdavenir.com...
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