Global et Local

La place des biens communs dans la transition écologique

Alternatives Economiques / Institut Veblen / Wojtek Kalinowski

Wojtek Kalinowski.

Journaliste à Alternatives Economiques, Wojtek Kalinowski travaille également à la Fondation Charles Léopold Mayer à Paris. Diplômé de l’Université d’Uppsala en Suède et de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales, il intervient régulièrement dans la presse française et suédoise. Il a été rédacteur en chef de la Vie des Idées et poursuit cette fonction à laviedesidees.fr. Dans ce cadre, il a coordonné le numéro spécial de la Vie des Idées « Quand la Suède doute de son modèle » (septembre 2006). Dans les années 2004 - 2008, W. Kalinowski a été délégué général de la République des Idées.

Les biens communs sont en vogue grâce aux travaux d’Elinor et Vincent Ostrom, mais le terme n’est pas stabilisé et se prête à des usages divers. Au-delà des cas les plus connus comme la gestion des ressources naturelles locales ou le numérique, leur véritable potentiel reste encore à explorer, notamment dans le domaine de la coproduction des services locaux.

La « boîte à outils » des experts en politique environnementale abonde d’outils de régulation conçus « par le haut » : que ce soit sous forme des normes de qualité, de l’action directe de l’Etat ou des incitations financières (écotaxes, subsides, marchés des permis…), l’autorité centrale édicte des règles de jeu censées gouverner les comportements des marchés, des individus et des entreprises.

Ces outils sont souvent indispensables mais ils font le pari improbable que le décideur central est toujours mieux informé que les acteurs locaux sur ce qu’il convient de faire, et que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, quelque soit le contexte local.

La politique qui en découle fait massivement appel aux experts tout en se coupant du savoir local et se méfiant de l’idée que certains biens – par exemple, certaines ressources naturelles locales – pourraient être régulés et gérés directement par les populations concernées, plutôt que par l’intermédiaire des ser-vices de l’Etat ou du marché.

La méfiance des décideurs s’accroît encore à l’idée que ces biens seraient gérés en « biens communs », autrement dit partagés par une communauté d’utilisateurs qui se dote elle-même des règles d’usage et veille à leur respect.

Pourtant ce mode de gestion existe bel et bien et s’avère souvent efficace ; c’est ce qu’ont démontré les chercheurs américains Vincent et Elinor Ostrom à travers maints exemples concrets : un bassin d’eau partagé par des fermiers en Californie, un système d’irrigation géré par les agriculteurs en Espagne, des villages en Inde partageant les ressources forestières environnantes, un village de pêcheurs au Brésil…

Dans les sociétés traditionnelles comme dans les pays développés, ils ont révélé la persistance des modèles de gestion locaux, fondés sur la coopération et non la concurrence, où le partage est régulé localement et non par l’administration centrale, et où les droits d’usage collectifs remplacent les droits de propriété exclusifs et les rapports marchands. Il ne va pas uniquement du niveau auquel les décisions doivent être prises mais de savoir quels modes de gestion peuvent assurer une exploitation soutenable des ressources.

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