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La consommation collaborative : un levier supplémentaire pour atteindre les objectifs environnementaux de la France ?

Ademe

La place de la consommation collaborative dans la consommation, et le potentiel de réduction des impacts environnementaux associés sont à relativiser. En effet, si certaines pratiques, comme le partage de mobilité ou le réemploi d’objets, offrent un potentiel de réduction d’impacts environnementaux intéressant, l’apport des technologies et les évolutions socio-économiques de la société française restent déterminants pour diminuer les impacts environnementaux de la consommation des Français en 2030. En cela, la consommation collaborative peut constituer un levier supplémentaire parmi d’autres, pour atteindre nos objectifs environnementaux. Ce 51e numéro de la Lettre Stratégie présente les principaux enseignements tirés de l’étude de l’ADEME sur les impacts environnementaux des pratiques collaboratives, ainsi que quelques pistes d’approfondissement de cette réflexion en cours.

La consommation collaborative (voir encadré 1 p. 2) a émergé et s’est rapidement développée ces dernières années. Elle suscite de nombreux espoirs tant économiques et sociaux (gisement de croissance, sens donné aux échanges et lien
social…) qu’environnementaux. Cela étant, elle pose de nouveaux défis à l’autorité publique et aux entreprises. En effet,nles questions juridiques, fiscales et relatives à la qualité des services offerts se trouvent au cœur des préoccupations de la
puissance publique, comme en témoigne la publication récente d’un rapport sur le sujet de consommation posent également de nouvelles questions quant à leur impact environnemental.

Un travail pionnier de Demailly et Novel, publié en 2014, formalise ces interrogations et propose des pistes de réflexion sur la contribution de l’économie du partage à la transition énergétique.
C’est à la suite de ces réflexions, d’une part, et des travaux prospectifs récents de l’ADEME sur l’allègement de l’empreinte environnementale de la consommation des ménages français, d’autre part, que l’ADEME a réalisé une étude pour analyser les impacts environnementaux des pratiques collaboratives.

Il s’agit d’apprécier dans quelle mesure ces dernières peuvent permettre, comparativement aux pratiques de consommation dites conventionnelles, de réduire certains impacts environnementaux.

LA CONSOMMATION COLLABORATIVE CONCERNE TOUS LES FRANÇAIS MAIS CERTAINS PROFILS PLUS QUE D’AUTRES…
La consommation collaborative a connu une forte expansion, à l’instar du covoiturage longue distance, presque inexistant il y a quelques années. La communauté d’utilisateurs se compte aujourd’hui en millions : 24 % des personnes âgées de 18 ans et plus utilisent le covoiturage longue distance de temps en temps. Néanmoins,
l’importance de la consommation collaborative est à relativiser. La part du covoiturage dans les déplacements de longue distance se serait élevée à 3 % en France en 2014.

Selon le Credoc , le montant issu de la vente d’objets entre particuliers s’établissait en France à 300 millions d’euros (M€) en 2013, contre 100 milliards d’euros (Md€)
pour les professionnels du secteur. Les achats alimentaires réalisés au sein d’une communauté d’acheteurs particuliers s’élevaient à 70 M€ en 2014, contre plus de 200 Md€ pour l’ensemble des achats de biens alimentaires des ménages. La part
de la location entre particuliers représentait, en 2014, 0,7 % du marché de la location courte durée.

Contrairement à certaines idées reçues, la consommation collaborative ne s’adresse pas uniquement aux étudiants, jeunes actifs et aux urbains. Selon la motivation (économique, sociale, environnementale), la caractéristique de la transaction (gratuite ou payante) et le type de pratique, elle touche l’ensemble des Français.
Néanmoins, trois profils sociodémographiques apparaissent comme particulièrement
déterminants dans la propension de certains particuliers à réaliser davantage de pratiques collaboratives que le reste de la population.

Ainsi, les étudiants sont plus disposés que la moyenne à effectuer des achats de biens entre particuliers. Ils sont 42 %, contre 15 % pour les retraités, à déclarer acheter au moins une fois par trimestre entre particuliers. Ils sont également
plus nombreux à déclarer proposer ou solliciter des services entre particuliers (83 %, contre 55 % pour les retraités).

De même, les familles, à l’inverse des célibataires, sont très actives en matière de pratiques collaboratives. Le fait d’avoir des enfants semble les inciter à pratiquer ce type de consommation, notamment pour des raisons financières.
Elles sont par exemple plus de 60 % à déclarer effectuer des achats ou des ventes de biens entre particuliers, contre 43 % pour les célibataires. Enfin, les personnes indiquant avoir un engagement bénévole régulier, soit 18 % des Français en 2013,
sont actives dans une multitude de pratiques liées à la consommation collaborative.
Dans tous les cas, même s’il ne constitue pas la seule motivation à l’adoption de pratiques collaboratives, le motif économique explique pour une large part le passage à l’acte : 67 % des Français interrogés sur leurs motivations citent le
fait de gagner de l’argent ou faire des économies, bien avant la protection de l’environnement par exemple.

Voir en ligne : http://www.ademe.fr/sites/default/f...
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