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Déficit public : la Commission européenne met en garde Emmanuel Macron

touteleurope.eu

Les prévisions et recommandations économiques de la Commission pour les pays de la zone euro seront rendues publiques demain, jeudi 11 mai. Jean-Claude Juncker et Pierre Moscovici n’ont toutefois pas attendu cette date pour adresser directement leurs recommandations économiques au président nouvellement élu, Emmanuel Macron.

La France sous haute surveillance

A l’occasion de son premier message présidentiel, diffusé le 9 mai pour la Journée de l’Europe sur Twitter, Emmanuel Macron a affirmé une nouvelle fois son engagement européen. "Je ne serai pas un président assis. Je suis un président de la République française qui veut que l’Europe d’aujourd’hui et de demain puisse se remettre en marche, qu’elle soit digne des promesses d’hier pour porter les promesses de demain", peut-on ainsi entendre sur la vidéo [Le Huffington Post]. Emmanuel Macron promet de défendre "dès la semaine prochaine, une fois investi", son programme auprès de la chancelière allemande Angela Merkel et des institutions européennes.

"Mais cet élan politique se heurte à la réalité des finances françaises, toujours sous haute surveillance en raison du déficit excessif", contraste RFI. Alors que "ce 9 mai, Journée de l’Europe, aurait pu être un moment de bonheur complet pour ce nouveau président si europhile, (…) la réalité de la zone monétaire s’est imposée à lui et a déjà cassé l’ambiance".

En effet, dès lundi, alors que le président nouvellement élu est "attendu comme le Messie à Bruxelles", Jean Claude Juncker, président de la Commission européenne, lui a réservé une "entrée en matière à rebrousse poils", soulignent Les Echos. A la veille de la publication des prévisions économiques pour la zone euro, il a en effet mis en garde la France, qui effectue selon lui "trop de dépenses publiques au mauvais endroit" [RFI]. "Ils consacrent entre 53% et 57% de leur PIB à leurs budgets publics, compte tenu du niveau relativement élevé de la dette, cela ne peut pas fonctionner dans la durée", a-t-il ajouté, cité par L’Expansion. Un ton que la chancelière allemande Angela Merkel a également adopté, le prévenant en substance que "le soutien allemand ne remplacera pas une politique française", analyse RFI.
"Tant que le déficit dépassera la barre des 3%, Paris restera sous la pression de Bruxelles", estime en effet la chaîne de radio. En revanche, souligne La Croix, "le moment choisi par Jean-Claude Juncker pour adresser un tel message à Emmanuel Macron a de quoi surprendre : parce que le président élu n’est pas encore en fonction, et parce que la France est en plein contexte électoral".

Malgré la situation économique de la France, Pierre Moscovici reste confiant
"Avec une dette qui représente 96% du PIB, la France est loin de la barre maximale des 60% définie par le pacte de stabilité" [RFI]. Emmanuel Macron a bien prévu un plan de 60 milliards d’économies, mais cela sera-t-il suffisant ? "La France a récemment détrôné la Finlande au premier rang des pays qui réalisent le plus de dépenses publiques", rappelle La Croix. Elle a en outre "déjà obtenu deux délais, en 2013 et 2015, pour repasser sous la barre des 3%", ajoute le journal.

Mais le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, reste serein : "La France est toute prête de sortir de la procédure de déficit excessif. Elle y est prête et presque sans efforts" [L’Expansion]. L’ancien ministre de l’Economie et des Finances, "devant une affluence des grands jours au siège de la représentation de la Commission européenne", a souligné avoir "toute confiance dans les autorités françaises et leur capacité à respecter les engagements pris", relate La Croix. "Emmanuel Macron a pris des positions claires et solides sur le sujet", a-t-il poursuivi.

Emmanuel Macron devra fournir des efforts

Face aux attentes exigeantes de la Commission, Emmanuel Macron devra donc fournir les efforts nécessaires pour maintenir l’a priori favorable dont il dispose. "La première des priorités pour la France, c’est la crédibilité budgétaire", prévient Pierre Moscovici. "Elle est à portée de main. La France doit être dans le wagon de tête et être portée en exemple" [L’Expansion].

Le président élu a justement prévu dans son programme une réduction des dépenses publiques, passant entre autres par la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires [L’Expansion]. Il prévoit également la création d’un ministre de la zone euro, ce à quoi le commissaire européen français répond : "Nous ferons cette proposition à la fin du mois (…). Ce n’est pas pour demain, mais je serais très content que mon successeur soit le premier ministre de la zone euro".

D’après Les Echos, le problème est "qu’Emmanuel Macron n’a pas prévu de faire un effort, même minime, pour l’année 2017". Il ne compte en effet pas faire voter de mesures additionnelles cet été pour boucler le budget 2017. "2017 sera une année de sérieux mais sans rigueur supplémentaire pour ne pas endommager la suite", témoigne au journal un proche du nouveau président. Tous les efforts seront donc concentrés sur le budget de 2018 "qui comprendra certaines des mesures emblématiques promises (ISF, taxe d’habitation, etc.) mais aussi un plan pluriannuel sur 5 ans, donnant les grandes lignes des trajectoires budgétaire et de prélèvement obligatoire"

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