Global et Local

Le classement des villes françaises les mieux gérées

Challenge / David Bensoussan

Vue de la ville d’Amiens

L’agence Public Evaluation System publie en exclusivité avec Challenges, le classement 2011 des villes les mieux gérées. Les finances de 869 municipalités ont été passées au crible.

L’agence indépendante de notation des collectivités locales, Public Evaluation System (PES) a publié son classement 2011 des villes les mieux gérées de France. Établi sur la base des comptes de l’exercice 2009, le palmarès des villes de plus de 100.000 habitants fait ressortir, dans l’ordre : Amiens, Brest, Toulouse, Angers et Villeurbanne.

Le meilleur maire de grande ville, selon les critères de PES serait donc Gilles Demailly, l’édile socialiste d’Amiens. La préfecture de Picardie est la seule commune parmi les 37 villes de plus de 100.000 habitants à décrocher trois étoiles ; d’ailleurs parmi les 869 villes notées par PES sur la base des comptes de l’année 2009, seules 42 réussissent cet exploit.

Amiens bénéficie avant tout d’une très bonne note sur le critère "rigidité" : "elle dispose d’importantes marges de manœuvres budgétaires car elle partage une grande partie de ses services administratifs avec ceux de la communauté d’agglomération", explique Stanislas Boutmy, de PES.

Cette dernière absorbe l’essentiel des frais de personnel et des autres dépenses courantes incompressibles même si elle en refacture une partie à la ville. Cette mutualisation très poussée, héritage du mandat de Gilles de Robien, est une quasi-exception dans le millefeuille local français. Les mêmes facteurs expliquent, dans une moindre mesure, la seconde place de Brest dans le classement : la ville obtient deux étoiles, soit une note comprise entre 13 et 16.

Toulouse, qui décroche une étoile, complète le podium de tête grâce à un endettement historiquement faible. En plus, si la communauté urbaine a instauré une fiscalité additionnelle, ceci ne se reflète pas dans le classement.

Derrière Toulouse, 14 villes, dont Lille, Strasbourg ou Toulon, obtiennent entre 10 et 13 sur 20. Comme la ville rose, ces communes se distinguent souvent par un faible endettement en début de mandat mais une progression constante depuis. La plupart ont peu recouru aux hausses d’impôts, les taxes d’habitation et foncières ne progressant respectivement que de 1,1% et 1,3% en moyenne.

A l’inverse, les 13 villes dont la note est comprise entre 8 et 10 sur 20 ont davantage privilégié le levier fiscal (hausses en moyenne de plus de 3%) et engagé une stratégie de désendettement afin de regagner des marges de manœuvres budgétaires. Les villes de Lyon et Bordeaux font partie de ce groupe.

Enfin, sept villes se trainent en queue de peloton avec une note inférieure à 8 sur 20, parmi lesquelles Nice, Nantes, Saint-Etienne et bien sûr Marseille. La ville du maire UMP Jean-Claude Gaudin affiche une dette de 1,8 milliards d’euros, représentant 185% de ses recettes annuelles de fonctionnement, un record national.

"Les contraintes fortes pesant sur ce groupe de villes (rigidité importante de leurs dépenses, endettement supérieur à leurs recettes annuelles, taux d’imposition excédant les 20%) leur ont laissé peu d’opportunités pour mobiliser de nouvelles ressources", ajoute Céline Moyon, de PES.

Pourtant, ce sont bien leurs contribuables qui ont le plus trinqué : Grenoble a ainsi augmenté ses taxes sur les ménages (foncière et habitation) de 9%, Argenteuil de 14% et Nice de 15%.

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